lundi 12 octobre 2009

TRANSAT 650


Nicolas Boidevezi sur son plan Bertrand @ Xavier Leoty
"11.10.09 - 14:06
Il envoie du bois...
...devezi ! Du bois, du lourd, du pâté, selon les expressions consacrées et chers aux marins.
En l'occurrence, Nicolas Boidevezi et son plan Bertrand "Défi GDE" a été crédité vendredi dernier 9 octobre d'une journée à 272,9 milles, soit l'étourdissante moyenne de 11,4 noeuds. 6ème ce matin à 40 milles du leader Delesne, il a profité de son passage entre Sao Vicente et Santo Antao pour créer un petit décalage en latéral qui le met en parfaite position d'observation dans la perspective d'un franchissement du pot au noir toujours aléatoire."
Sympa, le commentaire sur Nicolas paru sur le site officiel
de la Transat 650. C'est vrai qu'il va bien, Nico, pour
sa 1ère Transatlantique.
C'est aussi amusant de se retrouver en supporter à chaque
nouveau classement, de l'encourager à chaque mille gagné
sur la tête de course, puis de gueuler quand il rase une ile
de trop près et s'enferme dans son dévent, puis l'encourager
à nouveau quand il revient dans le match...
Quand il aura un peu plus d'expérience, je ne doute pas
que Nico devienne un sacré client...
Et puis il a un super bateau, c'est moi qui l'ai fait!

mardi 31 mars 2009

Mare.de

Après un hiver studieux, Mare est enfin sorti de l'atelier.
C'est le 753 , il sera skippé par Jörg Riechers.
L'objectif était de récupérer le plus d'éléments possibles sur le 711,
dont la coque est trop mal construite pour être utilisée, pour équiper
une nouvelle plate-forme, qui est une évolution du 719.



La première course prévue était le GP d'Italie. Même si la décision
est venue tardivement, le délai, quoique court, restait raisonnable
pour y être au départ dans de bonnes conditions.
Mais comme rien n'est simple, au calendrier est venu se greffer
la Mini-Med, 3 semaines plus tôt, et il s'est avéré, à mesure
que je les découvrais,que la plupart des pièces que l'on souhaitait
récupérer étaient soient inutilisables, soit demandaient de grosses
améliorations pour devenir fiables.
Même si je n'ai pas effectué ces travaux supplémentaires,
j'ai tout de même du faire des plans et gérer tout ça
avec les fournisseurs, ça prend du temps, l'air de rien!

D'un côté, le délai diminuait, de l'autre côté, la charge de travail
augmentait.
On aurait peut-être du renoncer à la Mini-Med, mais elle semblait
indispensable à l'obtention d'une DCQ.
Et c'est comme ça qu'on se retrouve à la bourre....
A la fin, j'ai réussi à livrer la coque à la date prévue en début
de construction, mais ça n'a pas suffit pour la Mini-Med.
Dommage...

samedi 8 novembre 2008

Le 719 change de nom...

Et de skipper.
J'ai vendu Señor Blue. Il sera désormais mené par Nicolas Boidevezi,
sous les couleurs de GDE recyclage.
Nous avons convoyé le bateau ensemble de Lorient à La Rochelle,
pour que Nicolas et le 719 puissent faire connaissance.
Ce fut rapide, et paisible, et pour ce que j'ai vu, le bateau et son
nouveau skipper ont l'air de bien s'apprécier.

Et moi, pendant que Nicolas s'entraine à La Rochelle,
je construis un nouveau proto, une évolution
pour Jörg Riechers. Encore plus léger, plus rapide,
normal, quoi!

mardi 2 septembre 2008

Les Sables-Les ( euh, Les Sables)




C'était un beau départ, il faisait beau, il faisait chaud.
La tendance météo indiquait plutôt du mou, du louvoyage,
bref, pas de quoi battre des records de vitesse, mais tout pour
faire une navigation paisible, sans problêmes mécaniques.
J'ai pris de la lecture, 15 jours de vivres,
Je suis juste un peu inquiet quand à la quantité d'eau.
Il ne faudra pas en balancer par dessus bord, je pense que
chaque litre rique de compter.
Comme d'habitude, j'ai pris un départ paisible et effectué
le prologue en fin de paquet.
C'est un exercice dans lequel je ne suis pas à l'aise,
je préfère avoir de l'espace pour m'exprimer.
Ceci écrit, c'était quand même très sympa de recevoir
la visite de Véro, invitée sur le bateau des Faber.
Comme c'était après le parcours, que j'avais commencé
à revenir vers l'avant et que je me trouvait dans le sillage
de Thomas (Ruyant), la meilleure référence possible
dans ces conditions, c'était bien sympa.
Je pouvais partir joyeux, et Véro reprendrait
la route avec le sourire...


AU LARGE.

La stratégie était simple.
Devant les incertitudes des fichiers météo, j'ai pensé qu'il était
impossible de faire un quelconque routage.
L'objectif était donc de rester sur le bord rapprochant,
le plus vite possible, et de rester attentif à l'évolution pour choisir
la droite ou la gauche.
J'ai bien vu que j'étais dans le bon paquet le premier soir, qu'on avait
une bonne vitesse, mon petit bateau et moi. J'avais juste un doute
en voyant tous les cadors partir à droite sur un bord franchement
défavorable.
Avaient-ils tous un routeur génial ayant vu un truc infaillible?
Moi, je préfère rester sur mon bord centre-gauche,en faisant
un petit coup à droite quand ça mollit, histoire de vérifier si
ça mollit partout pareil.
Après une bonne nuit de sommeil, je me suit retrouvé 2ème.
Bonne nouvelle... la chance sourit parfois aux feignants.
Puis c'est une grosse journée de pétole, comme je les aime.
C'est à dire que j'aime ça quand je sais que tout le monde est
logé à la même enseigne.
On peut voir plein d'animaux, des dauphins, un cachalot;
j'ai même cru me faire déposer par une tortue, un peu vexant!
J'apprendrai ensuite qu'il s'agissait d'un poisson lune...
Le soir, je suis toujours second.
Suit une nuit magnifique, sous les étoiles.
Le vent rentre un peu, c'est d'abord du gennaker babord amure,
puis je peux envoyer le spi médium. Le bateau glisse sur l'eau plate.
Il n'y a pas une ride sur l'eau, qui n'est troublée que par la cicatrice
du sillage.
Un feu derrière moi cherche à gagner de la gauche, là où se trouve
un orage. Les éclairs annoncent les travaux à venir;
c'était l'autoroute des vacances.
Au matin, je suis en tête, là où je veux. La météo prévoit du vent
fort sur le nord de notre zone, donc je me sens vraiment bien au
Sud.
L'orage de la nuit me rejoins, avec pluie, rotation et renforcement
du vent.
Je me retrouve au près,d'abord babord amure, tout dessus.
Puis tribord amure, 1ris, quand reviens le soleil.
L'angle semble moins favorable en babord, mais le VMG est bien
meilleur. Et je veux gagner vers le Sud, c'est plus fort que prévu,
je sens qu'il faut se dépécher de gagner en latitude.
Vers 12 H, je prends le 2ème ris dans la GV, l'anémomêtre
affiche plus de 25/27 nds, la mer est très courte, croisée, et
Señor Blue fait des démarrages à 8nds sur certaines vagues
isolées. C'est vraiment brutal...
Vers 14 H, le vent passe au-dessus des 30 nds, je décide de prendre
le ris dans le foc.
Je suis sur la plage avant, écoutes et point d'amure repassés,
je me dégage la longe du harnais prise entre mes jambes quand tout
se gâte.
Le bateau s'envole sur une vague, je prouve au monde que
je ne sais pas voler, et je m'écrase lamentablement sur la fesse gauche,
le dos dans la filière sous le vent.
Non seulement je me sens très con, mais surtout, je n'arrive plus
à me relever tellement ça fait mal du côté gauche.
Je mets un temps interminable pour me relever, revenir au cockpit.
Tant qu'à faire, je renvois le foc arrisé, on reprend la course, mais
Bon Dieu que ça fait mal à chaque vague.
Le côté gauche est bloqué des côtes aux orteils,
avec l'impression de devoir rester paralysé à chaque mouvement
un peu vif.
Je règle les voiles tant bien que mal, bloque la barre et prend
des cachets pour me soulager, et au lit avec une soupe,
on verra si ça passe.
Non seulement ça passe pas, mais c'est même de pire en pire,
je passe 10 minute à 4 pattes en marche arrière pour sortir
de ma couchette, c'est vraiment mal barré et je commence à
m'interroger sur la suite à donner.
Il n'y a plus qu'à attendre la météo du soir pour prendre une décision.
Le soir, on est toujours en tête, Señor Blue s'occupe de tout.
Il n'est pas tendre, le bateau, mais il sait faire!
Mais la météo ne me permet pas d'espérer rejoindre l'Espagne pour
me faire soigner dans des conditions de sécurité acceptables.
Je m'imagine devoir demander des secours parce que je ne peux plus
manoeuvrer.
Merde, j'ai déjà dématé, sancis, perdu des safrans, j'ai jamais appellé
au secours et je suis toujours rentré tout seul à la maison.
Alors appeller au secours alors que le bateau est nickel, il n'en est
pas question.
Caramba, ça fait vraiment chier, mais je dois me rendre à l'évidence:
il est 22 heures, et je décide de faire demi-tour.
Et le pire, c'est que jamais je ne saurai si c'était la bonne décision...



samedi 16 août 2008

Les Sables - Les Açores

Mes petit camarades de jeux sont repartis de Faîal, et moi,
je ne suis même pas arrivé jusque là-bas!
Je sens une très nette frustration à taper ça sur mon clavier,
alors que je devrais être ne train de faire glisser Señor Blue
sous spi, sous la pleine lune.
Comment se fait-il qu'un gugusse, moi en l'occurence,
qui a consacré une année entière à ce projet, a pris le départ
de la course qu'il voulait faire, est heureux d'y être, et même
se retrouve en tête avec un bateau qui est un véritable avion,
sur lequel il n' y a aucun soucis technique, comment le gugusse
arrive à faire demi-tour pour entrer aux Sables?
Je vais essayer de raconter ça....


Photo prise par le père de Marine Feursten lors du prologue.

Elle présentait bien, pourtant, cette course. Je connaissais le parcours,
le bateau va (très) vite, on a éprouvé la structure et le gréement
lors du Fasnet. J'ai pu corriger toutes les bricoles qui laissaient
à désirer, le bout-dehors essentiellement.
Et pur une fois, Véronique est là pour me soutenir et m'aider
dans l'intendance. Et ça, c'est vraiment bon, c'est la première fois
qu'elle m'accompagne sur un départ depuis Vannes-Las Açores
-Vannes 94. Et j'avais gagné la première étape...
Ca présentait vraiment bien...
Pour le prologue, on a fait ça paisible, avec Véro et le petit Nicolas,
un jeune passionné bénévole qui donnait un coup de main pour
les visites de contôle des bateaux.
Le plan, c'était pas de risques, bateau peu toilé pour rester très
manoeuvrant, et pas de spi si ça fait prendre le moindre risque.
C'est pas là qu'on gagne la course, mais on peut la perdre.
Le 231 le comprendra à ses dépends.
On a du passer 45ème à la bouée de dégagement, et on finit 10ème.
Je dois avouer que voir Nicolas s'amuser à la barre sur les bords
de portant, quand on doublait les quelques séries sous spi alors
qu'on avait 1 ris dans le foc était assez jouissif !
Je crois qu'il n'était jamais allé aussi vite en bateau !
Le retour au port fut moins drôle, les bénévoles qui nous ont pris
en remorque ayant accumulé les manoeuvres dangereuses, sans
compter le largage intempestif de remorque suivi d'un suberbe
échouage. Je sais bien qu'il n'est pas facile de trouver toutes
les compétences quand c'est nécessaire, mais je trouve que le
travail et le coût que représentent nos bateaux méritent un peu
plus de considération.
Personnellement, j'aurais été prêt à mutualiser avec les autres
skippers pour engager des pros ce jour là si les organisateurs avaient
mieux présenté la situation quand aux bénévoles dispos ce jour-là.
J'ai bien cru voir mon bateau se raboter sur la jetée des Sables
quand la remorque a été larguée par le remorqueur sans qu'il ne s'en
rende compte de suite.
Enfin, grâce à Stéphane, tout s'est arrangé pour le mieux, et ça s'est
vraiment bien passé le jour du départ.

jeudi 7 août 2008

Saison chargée 3

En fait, j'ai retrouvé des photos prises entre l'Open Demi-Clé
et le Trophée Marie-Agnès Peron.
J'avais sorti le bateau pour le faire voir par un expert et faire
un antifouling.
On voit qu'en dessinant le bouchain, je suis allé de bon coeur.
Aymeric Garrant avait loué un peson pour effectuer diverses
sur Kastell Rocket, la fameuse fusée verte.
Comme il est sympa, il en a fait profiter les joyeux ministes
présents pour qu'on puisse vérifier les poids de nos bolides.
C'était assez amusant de voir le poids réel de nos bateaux en
condition de jauge, c'est à dire avec le bib et les batteries
en place.
Pour Senor Blue, le peson a mesuré 762 kg. Auxquels
on retranche le poids de la grand voile que j'ai eu la flemme
de dégréer, et aussi diverses bricoles oubliées à bord,
mais pesées par la suite; on arrive au final à moins de 736 kg,
et on pourra encore enlever le tissus d'arrachage que je
n'ai pas encore enlevé à l'intérieur, environ 30 m2 à 180gr/m2
minimum. Cela nous fait le Mini à 730 kilos, c'est pas mal!
Comme le bateau a prouvé sa solidité, c'est même très bien...


lundi 4 août 2008

Saison chargée 2

Je suis sur mon clavier bien malgré moi.
Si tout avait fonctionné comme prévu, je devrait être en mer,
en route vers les Açores. Mais j'y reviendrai très prochainement.
Pour avoir un maximum de mille, et ainsi éviter de me retrouver
en liste d'attente pour "Les Sables - Les Açores - Les Sables",
je m'étais inscrit à la Port-Médoc.
C'était aussi une occasion de naviguer dans de nouvelles conditions
et améliorer ma connaissance du bateau.
La course a commencé par une déception:
beaucoup de ceux qui se sont inscrits se sont désistés; parce
qu'il n'y a plus de liste d'attente de départ pour les Açores,
la course aux milles qualificatifs n'a plus lieu d'être et ces concurrents
se sont estimés dispensés de leurs engagements.
Autant je peux comprendre que certains aient pu vouloir souffler,
s'économiser et économiser le matériel après la succession d'épreuves,
autant je trouve le procédé très cavalier vis à vis des organisateurs .
Il y a des gens qui se dépouillent pour monter un projet, mobilisent
des partenaires, pour accueillir la grosse quarantaine d'inscrits.
Après cette débandade, ils se sont retrouvés avec un plateau en peau
de chagrin, une légitime amertume quand à l'attitude des coureurs
et une certaine gêne vis à vis des partenaires financiers.
Il ne faudra pas pleurer ensuite si on ne trouve plus d'organisateurs.
On s'est donc retrouvés avec plein de place sur la ligne de départ,
en petit comité ( mais de qualité!), par un beau ciel bleu et 10 nds
d'Ouest pour sortir de Douarnenez.
Il m'est arrivé un truc bizarre pendant le louvoyage entre le départ
et la Plate.
Alors que je jouait à tirer des bords en compagnie de Frank Colin,
Jorg Riechers et Matt Trautmann, je me suis mélangé les appendices
avec des appareils de pêches perdus et dérivant entre deux eaux.
Plus j'essayait de m'en sortir à grands coup de marches arrières,
plus j'en remettais une couche, pour finir par un magnifique
drapé autour du bulbe et une dérive coincée.
J'ai fini par tout affaler, plonger pour libérer le bulbe et ensuite
sortir par le bas la dérive et le bout de filet coincés dans le puit.
Comme les copains ne m'ont pas attendu, je me suis d'abord senti
très con, et très seul.
Et comme Véro m'attendait à Port Médoc, je ne voulais pas gacher
ses vacances,je me suis mis au boulot pour ne pas rester dernier
et rattraper le temps perdu.
Je crois que j'ai fini par trouver le mode d'emploi dans le petit temps,
vu que j'ai dépassé tout le monde sur la vitesse du bateau
et que je suis arrivé premier.
Même si nous n'étions pas nombreux au départ, c'est vraiment
sympa comme sensation.
Et puis ceux qui on déclaré forfait on eu bien tort, ça a été la course
la plus reposante au de la saison pour la météo.
Il y a aussi eu un côtier de 40 milles autour de Cordouan.
Frank a gagné la manche. Nous nous sommes bagarrés tous les
deuxdevant durant tout le parcours, il a finit par passer après que
j'ai commis une bourde sur une bouée de chenal.
Je gagne la Port-Médoc au cumul des temps, Séñor Blue va
maintenant vite dans toutes les conditions, la vie est belle, nous sommes
prêts pour les Açores.
Youpi!